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Un texte de Colette en mémoire
de la fête de Pâques :
"De mon oeuf de Pâques, je n'aurai que les débris. Qu'il
était petit et fragile !. Sa coque se pulvérise sous les doigts. Blanc,
piqueté de marron, d'abord je l'ai cru entier. Qui l'avait apporté
là ? Point de branches et point de nid au-dessus de ma tête. Un oeuf volé...
D'une couvée d'oiseau, il ne reste à mes pieds qu'une coupelle délicate
et tavelée, bien léchée par la bête scélérate. Je chercherai donc
d'autres oeufs de Pâques, quand ce ne serait que dans ma mémoire. Le
samedi de Pâques, autrefois, je les trouvais par terre, étrange fruit
des bordures de buis taillé. Je les pouvais cueillir aussi entre les
tiges acqeuses de la jacinthe et des narcisses trompettes. Les couleurs
épaisses des oeufs durs de Pâques - un bleu encre, un rouge triste et
violacé - sont bon teint dans mon souvenir. "Leur bleu, leur rouge,
traversait parfois la coquille, veinaient le blanc de l' oeuf. "Ne les
mange pas, disait alors ma nourrice, c'est de la poison".
"Aux roulées", les enfants de choeur quêtaient et rapportaient
des panerées, des sacs, des monceaux d' oeufs, dont les paysans se
montraient moins avares que de pain bis".
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